L’homme est simple, très simple. Il raconte, il témoigne, il se dit avec des mots ordinaires. Mais ses mots ne sont pas si ordinaires, ils sont puissants, paroles vivantes d’un témoignage de foi, d’une conversion. La sienne !

 

Témoignage Conversion

 

Le hasard d’une envie d’aller visiter, un jour en 1988, Notre-Dame de la Salette en Isère.  Et pourquoi pas ? Pierre prend sa voiture, il prend aussi sur sa route un autostoppeur. Et cela ne lui ressemble pas ! Jamais, non jamais, il ne prenait d’autostoppeur, droit dans ses certitudes « qu’avec un étranger, tout peut arriver… ». Une relation néanmoins bon enfant avec le passager s’installe, la visite de Notre-Dame de la Salette se fait en confiance. Guère plus pour Pierre.  Et pourtant le retentissement est grand, immense. Avec cette visite, Pierre décrit le bouleversement dans sa vie. Un avant, un après et au milieu, une présence !  Incomprise dans l’immédiat.

Une eau vive

La voix de Pierre, un homme dans une soixantaine bien accomplie, en retraite depuis bien longtemps, perd de son intensité. L’émotion est juste là dans la vibration de ses mains qui recouvrent son visage et ses larmes. Les mêmes qu’il laissait couler, couler dit-il quand ce soir- là, en 1988, sur son chemin de retour, il passe la nuit à l’hôtellerie avant de rejoindre Uriage, dans le massif de Belledonne.

« Je fus saisi par quelque chose à la fois de très fort et de très doux et fus rempli d’une grande paix. Des larmes abondantes coulèrent de mes yeux ». Pour ne pas oublier, pour comprendre peut-être, il écrit cette joie sur les lignes d’un cahier d’écolier. Dans la teinte jaunie du papier, les mots sonnent toujours aussi fort tant l’émotion est bouleversante. Descendue dans le profond de lui-même, au creux de son intérieur, l’expérience ouvre Pierre à une nouvelle dimension, celle d’une rencontre avec Jésus-Christ. Une joie lumineuse et généreuse. Abondante comme une eau vive.

Un regard-bienveillance

Avant, c’était tellement différent ! Oui bien sûr, une belle carrière à la chambre de Commerce à Marseille, chargé de mission pour les questions économiques et réglementaires de la ville. Une vie ordonnée, un quotidien heureux dans sa vie personnelle avec sa femme et deux enfants. Catholique, peu pratiquant, il menait une vie qu’il décrit en recherche, mais en recherche guidée par sa raison et son intelligence. Aujourd’hui, Pierre conduit sa vie avec son cœur et une grande confiance, une confiance chevillée à sa foi. Avec un regard-bienveillance ! Ce mot étrange inconnu de notre dictionnaire rend compte de sa conversion, pour décrire la force du lien qui le relie désormais à Jésus-Christ. Avec un regard apaisé et confiant, convaincu d’être porté, soutenu, guidé par le Créateur. Pierre parle généreusement de la Création et de la vie dans son quotidien.  Mais « je reste un homme ! »  insiste-t-il pour ne pas laisser de prise au scepticisme des uns, aux doutes des autres. Rien chez lui d’un homme illuminé, absent des réalités du présent.  Non rien ! Sa maison est douce à vivre. Au mur, des couleurs lumineuses, celles peintes en tableau par sa femme. Avec un visage rassemblé, concentré, une silhouette toute fine, ses mains accompagnent la tranquillité de son témoignage. Une force solide, attachée au roc.

En relation avec l’autre

Désormais accompagné, relié, en communion, Pierre vit avec la conviction d’un homme dans l’accomplissement de sa conversion. En la mettant au service de l’autre, dans une relation de confiance. Pendant dix ans, au service de la Conférence de Saint Vincent de Paul, il se met en rencontre dans l’ombre des oubliés. Puis engagé à la Sauvageonne, à Vauvenargues, il vit pleinement dans le bénévolat, reconnaissant de la relation apportée par les autres, donnée aux autres. Une ouverture grand-angle dirigée par le regard. Pour Pierre, le regard transforme la rencontre. « Ouvrez vos yeux » reprend-il en écho, chaque mot articulé pour donner corps à sa conversion. A Eguilles, rejoint au moment de sa retraite, il tient le registre paroissial, donne du temps dans une maison de retraite et partage « une maisonnée », cellule de rencontres fraternelles entre chrétiens, à l’image des premiers disciples.  Pour être témoin, il ouvre des pistes, soumet un tract fraichement rédigé. Pour élargir au plus grand nombre le message de l’Evangile. « Ma vie a changé, rien ne m’y préparait, je n’y suis pour rien ». Sa vie tournée vers Dieu, il la met en partage, infiniment transformé. Toujours ému.

Bénédicte du Peloux


Pierre Loubigniac réside à Eguilles où il est engagé au sein de la communauté paroissiale.

Si vous souhaitez réagir à son témoignage ou lui poser une question, n’hésitez pas à le joindre à cette adresse : loubigniac.pierre@orange.fr

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