Prendre soin de son âme est peut-être ce qui manque le plus aujourd’hui dans notre société bruyante. Les rythmes de vie trépidants et la suractivité laissent peu de place à la méditation. Un peu de silence s’il vous plaît !

J’ai entrepris de visiter cette année les trente-trois écoles catholiques du diocèse dont j’ai la charge. J’y rencontre longuement l’équipe des enseignants. L’école primaire est le lieu des apprentissages fondamentaux : apprendre à lire, à écrire, à calculer, à raisonner, à analyser, à chanter, à mémoriser. Si ces apprentissages fondamentaux ne sont pas acquis à l’entrée en 6ème, l’élève décrochera rapidement. Qu’en est-il de l’apprentissage du soin de l’âme ? Cet apprentissage donnera à l’enfant sa force d’âme ; lui apprendre à écouter sa vie intérieure le rendra capable de traverser sereinement les épreuves de son existence.

Apprendre à faire silence, et dans le silence écouter sa vie intérieure. Cela peut commencer par écouter sa respiration, les battements de son cœur, le sang qui coule dans les veines. Ceux qui s’exercent à la méditation commence souvent par écouter leur corps. C’est aussi écouter ses pensées, les recueillir au fond de soi, laisser les bonnes pensées prendre la place des mauvaises. Alors vient le moment d’écouter son âme, le principe de vie, le souffle originel, la source qui coule au fond de notre puits intérieur.

Mais qu’est-ce que l’âme ? me demandait une enseignante. Dans l’anthropologie que les chrétiens ont en commun avec d’autres religions, l’âme se distingue du corps et de l’esprit. Dans son merveilleux livre « De l’âme », François Cheng se risque à une quasi-définition : « L’âme est la marque indélébile de l’unicité de chaque personne humaine ». Et il ajoute : « L’âme n’est pas seulement la marque de l’unicité de chaque personne, elle lui assure une unité de fond et, par là, une dignité, une valeur, en tant qu’être ». L’âme est ce qui donne son prix à l’être humain, elle est en quelque sorte son « disque dur » ; elle enregistre tout, elle est la mémoire vive, elle est un principe d’éternité, elle traversera la mort.

Prenez chaque jour le temps de faire silence, de plonger dans votre puits intérieur. Prenez le temps de vous émerveiller, de faire monter du fond de votre âme un merci pour la vie, pour l’amour, pour la beauté. Vous prendrez conscience d’une mystérieuse présence. Dieu est là, il fait sa demeure dans l’âme humaine. Alors monte une prière et l’écoute d’une Parole. « Demeurez en moi comme moi en vous, dit le Christ, …demeurez dans mon amour ».

J’invite les enseignants à commencer la journée de classe par un temps de silence, d’intériorisation, de prière. Tous ceux qui pratiquent cet exercice en témoignent : les enfants y trouvent une grande paix, ils sont plus calmes et réceptifs. Essayez et vous verrez.

 

+ Christophe DUFOUR

Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles

Showing 2 comments
  • Carrie
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    You could certainly see your eniuasthsm in the article you write.The arena hopes for more passionate writers such as you who are not afraid to sayhow they believe. Always go after your heart.

  • paumier
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    J’ai entendu un expert dire, sur RCF, qu’il faut s’asseoir, en silence, et ne rien faire pendant 10 minutes tous les jours. Il semblerait que cela nous donne plus de vitalité. Pas si simple mais un très bon conseil.

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