Homélie de Mgr Christophe Dufour

Congrès Mission

Paris – 30/09/2017

 À l’écoute de la parole de Dieu que nous offre aujourd’hui l’Église universelle, nous pouvons entendre trois leçons pour la mission.

  1. Quand on aime, on ne compte pas

 C’est la vision du prophète Zacharie. Vision d’un homme qui tient à la main une chaîne d’arpenteur. Il s’apprête à mesurer Jérusalem. Mais Dieu envoie son ange pour lui dire de laisser la ville ouverte car des nations nombreuses la peupleront.

 

Nous sommes au retour de l’exil à Babylone. Nabuchodonosor avait détruit le Temple et toutes les institutions religieuses. Cyrus, roi de Perse, donne la liberté religieuse aux juifs. Pourtant, en voyant le champ de ruines et leur tout petit nombre, ils sont découragés. Oui, ils sont décidés à reconstruire, mais à la mesure de leurs tout petits moyens. Et puis on y mettra de gros remparts pour se protéger des agressions. Mais Dieu ne l’entend pas de cette oreille, il veut une ville ouverte à tous, il voit grand.

 

Nous sommes, nous aussi, tentés de nous penser en petit reste et de vivre l’Église à la mesure de nos petits moyens humains. Le prophète nous fait entrevoir la mesure de Dieu. Dieu voit grand. Cette grandeur n’est pas à la mesure de l’homme, mais à la mesure du cœur de Dieu.

 

La promesse de Dieu est immense, innombrable. « En ce jour-là, dit Dieu par la bouche du prophète des nations nombreuses s’attacheront au Seigneur, elles seront mon peuple et j’’habiterai au milieu de toi ». Quand on aime, on ne compte pas. C’est une première leçon pour la mission : « Allez, dit le Christ, de toutes les nations, faites des disciples ». Au cours de ce congrès, nous entendons de façon renouvelée le mandat missionnaire du Christ.

 

  1. La mission passe par la Croix

 Le Christ l’annonce pour lui-même, la mission que le Père lui a confiée passe par la Croix. De l’Évangile de Luc, nous sommes à un tournant sur la route de Jérusalem. Pierre, Jacques et Jean redescendent de la montagne où ils ont vu Jésus transfiguré de la lumière qui est déjà celle du matin de Pâques. Jésus guérit un possédé, expulsant de lui le démon que les disciples n’avaient pas pu chasser, par manque de foi. Tout le monde est dans l’admiration : le mal est vaincu. C’est le Messie, la promesse s’accomplit.

 

Et voilà que Jésus leur dit : « Mettez-vous bien ceci en tête : le Messie va être livré aux mains des hommes » et ils ne comprirent rien à cette parole.

 

Il est grand, le mystère de la foi des chrétiens ! La puissance de Dieu n’est pas à la mesure des puissances humaines. Oui, Dieu s’est engagé avec nous dans le combat contre le mal qui détruit et dénature l‘humanité. Oui, Dieu s’est fait homme pour démontrer qu’il est Dieu avec nous, Emmanuel. Oui, Dieu a pris le nom de Jésus qui signifie « Dieu sauve » car il est notre Sauveur. Mais ce Sauveur n’est pas efficace à la manière du monde. Il est l’amour fragile, qui s’expose, qui se livre. Si fragile et si humble que les puissances humaines le mettent à mort. Le Fils de l’Homme, le Messie, l’envoyé du Père, le Fils de Dieu venu dans le monde, non pas pour juger mais pour sauver, est livré aux puissances humaines.

 

Il est grand le mystère de la foi ! SI grand que les disciples ne comprirent pas. Mais le soir du premier jour de la semaine, tandis que la nuit allait recouvrir la terre, le Ressuscité s’est donné à voir, il s’offre encore aujourd’hui à nous et se fait reconnaitre. Nous pouvons dire avec Saint Jean : « Nous avons reconnu l’amour et nous avons cru ».

 

La mission passe par la Croix, c’est une deuxième leçon pour la mission. La Croix, signe planté dans notre histoire, signe de l’Éternel Amour venu en ce monde, signe de la victoire de l’Amour sur les forces du mal.

 

  1. Troisième leçon : nous recevons notre ordre de mission

 « L’amour n’est pas aimé » disait saint François d’Assise. « Je voudrais parcourir la terre, je voudrais être missionnaire… »  disait  Sainte Thérèse de Lisieux. Une seule responsabilité, une seule : proclamer le nom de Jésus. Un seul et unique désir, un seul : désirer que le nom de Jésus soit connu et aimé. Nous entendons retentir en France, de façon renouvelée, le mandat missionnaire du Christ : « Allez, de toutes les nations, faites des disciples ». Les papes successifs nous ont appelés à une nouvelle évangélisation. Aujourd’hui, nous devrions parler de première évangélisation : 9 enfants sur 10 grandissent sans connaitre le nom de Jésus.

 

Nous avons envoyé des missionnaires dans le monde entier : chez les Papous, les Esquimaux, les Chinois, les Zoulous….. Et ils sont devenus chrétiens. Aujourd’hui, les zoulous et les papous sont les enfants et les jeunes de chez nous. Nous sommes appelés à être missionnaires en France, et nous nous interrogeons : Comment cela va-t-il se faire ? La question est légitime. Mais nous n’aurons pas d’autre réponse que celle qui a été faite à Marie et aux premiers apôtres : « l’Esprit viendra sur toi », « L’Esprit viendra sur vous ». Jésus souffle sur eux et leur dit : « Comme le Père m’a envoyé, moi-aussi je vous envoie ».

 

La Jérusalem de Dieu n’est pas à la mesure de l’homme. Le cœur de Dieu est immense, il accueille sans limite. Comme Marie, nous redirons OUI à l’impossible,  dans la foi que rien n’est impossible à Dieu. Comme les apôtres, nous irons de l’avant, dans l’obéissance de la foi.

 

Nous allons maintenant célébrer l’Eucharistie. Je vous invite à vous offrir, à vous livrer sur l’autel avec le Christ et à renouveler en Lui votre engagement missionnaire. Confions-nous avec ferveur à la prière de la Vierge Marie, à Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus, à Jean-Paul II et tous les saints.

 

Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, patronne des missions, priez pour nous.

Saint Jean-Paul II, priez pour nous.

Sainte Marie, mère de l’Eglise, priez pour nous.

Sainte Marie, mère de l’Eglise en France, priez pour nous.

Sainte Marie, mère des familles, priez pour nous.

 

 

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