Selon la légende, Mitre est né à Thessalonique, en Grèce. À l’âge de vingt-quatre ans, il quitte ses parents pour la Provence dans l’espoir d’y vivre une vie de charité et de dénuement. Il devient domestique chez Arvendus, un préteur romain d’Aix, qui menait une vie dissolue avec une femme qui n’était pas la sienne. Soucieux de ramener son maître dans le droit chemin, Mitre lui faisait fréquemment des remarques au sujet de ses mœurs déréglées. Arvendus commença à éprouver de l’inimitié vis-à-vis de son domestique et à chercher un prétexte pour le perdre.

Arvendus possédait une vigne à l’ouest de la ville des Tours, dans l’actuel quartier de Saint-Mitre. Mitre y était vigneron. Le préteur ordonna à ses domestiques d’aller causer des dégâts dans sa vigne et d’en accuser Mitre. Ceux -ci vinrent de nuit ôter tous les raisins et les presser dans des cruches, après quoi ils allèrent se plaindre à leur maître de ce que Mitre avait cueilli tout le raisin d’Arvendus et en avait fait du vin qu’il avait distribué aux pauvres. Alors qu’Arvendus feint la fureur, il se précipita dans sa vigne et fut stupéfait de constater que celle-ci était chargée d’un raisin abondant et de grande qualité. Les cruches pleines de vin étaient en fait vides.

Mitre fut accusé de sorcellerie et jeté dans le cachot d’une tour romaine, située à l’emplacement de l’ancien palais comtal. Il fut décapité dans la cour du prétoire. Il ramassa alors sa tête, la serra contre sa poitrine et la porta jusqu’à l’autel de l’église de Notre-Dame de la Seds dont il devait devenir le patron. Enfin, il expira.

 

sources: Saint Mitre d’Aix et saint Demetrius de Périnthe, Jean Pourrière, étude critique d’hagiographie. Imprimerie Chantenay, 1953

Comments
  • HERIARD DUBREUIL
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    Jean Pourrière s’appuie sur la légende du quatorzième siècle, construite lors du transfert des reliques de saint Mitre de l’ancienne cathédrale, Notre Dame de la Seds à la nouvelle, la cathédrale Saint Sauveur
    Saint Mitre s’appelait en réalité Dimitrios. Sa vie a ceci en commun avec son saint patron, Dimitrios de Thessalonique, martyr en 305 ou 307 sous et par l’ordre de l’empereur Maximien, qu’il fit des miracles après sa mort. Par contre, il ne fut pas martyr, mais confesseur, comme l’attestent toutes les sources plus anciennes : les vitae Mitriae : le carnotensis 5, fol. 177 v., 179 v., du huitième siècle, In gloria confessorum de Grégoire de Tours au sixième siècle, le Parisinus lat. 3820 de 1341 etc… consulter la thèse de Michel Carrias et radio D RCF

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