Alors que les Chrétiens vont fêter Pâques, la résurrection de Jésus-Christ le fils de Dieu, Mgr Dufour, archevêque du diocèse d’Aix et Arles, rappelle le sens de ce mystère dans l’émission Parole d’évêque sur Dialogue-RCF.


Les catholiques vivent en ce moment la semaine sainte. Ils commémorent les derniers épisodes de la Vie terrestre de Jésus-Christ, le fils de Dieu, jusqu’à sa mort, vendredi. Dimanche, on fêtera Pâques, la résurrection de Jésus-Christ… Mais que veut dire résurrection ?

Si le Christ n’était pas ressuscité, notre foi serait vaine. C’est le fondement de la foi des chrétiens. Si le Christ était resté au tombeau, il n’y aurait jamais eu le Christianisme. C’est parce qu’il est ressuscité que nous sommes là, à parler de Pâques. De même, on ne fêterait pas Noël s’il n’y avait pas eu Pâques.

Que signifie ressuscité ? Et bien Jésus était mort et il est revenu à la vie. Certains disent qu’il a donné l’illusion de mourir. Nous croyions qu’il était mort. [Dans les évangiles, il est dit qu’] On aurait dû lui briser les jambes pour accélérer la mort sur la croix, mais comme il était déjà mort tellement il avait souffert, on ne lui a pas brisé les jambes et on lui a percé le côté avec une lance. Donc Jésus était mort et il est revenu à la vie. Le tombeau était vide le dimanche matin. Certains disent que le corps a été volé. Les évangiles attestent que les amis de Jésus ont trouvé le tombeau vide, il restait seulement le linceul et le linge dans le tombeau. Ensuite il y a eu un phénomène assez extraordinaire : les apôtres ont vu le Christ dans son corps spirituel. Ce sont les apparitions du Christ ressuscité. Ils n’ont pas vu le Christ sortir du tombeau, mais ils l’ont vu dans une présence mystérieuse. Ils le racontent d’ailleurs de façons différentes, mais les témoignages dans les évangiles sont concordants sur cet acte de foi que Jésus est revenu à la vie.

Cette résurrection est-elle une réincarnation ?

Pas du tout ! C’est le même corps qui vit de façon spirituelle par-delà la mort. Le Christ n’a pas cessé de dire, durant son vivant, que ce qu’il était venu faire vivre d’une vie qui ne peut pas mourir, d’une vie éternelle, d’une vie qui traverse la mort et qui fait revivre le corps de manière spirituelle. Et cette vie qui ne meurt pas, c’est la vie qui est amour. Et l’Amour est une réalité divine, éternelle. Voilà le message du Christ : la vie qui est amour ne peut pas mourir. C’est la promesse du Christ : Dieu relèvera de la mort tous ceux qui ont eu comme moteur de leur vie l’Amour.

Il n’y a pas de preuves de la résurrection de Jésus-Christ dans le sens où personne ne l’a vu sortir du tombeau. Donc la Foi des Chrétiens repose sur des témoignages, cela suppose d’avoir confiance. Est-il raisonnable de croire en Jésus Christ ressuscité ?

Les enfants me demandent souvent, surtout en CM1-CM2 quand ils ont atteint l’âge de raison : ‘Monseigneur, le Christ est-il vraiment ressuscité, est-ce vraiment vrai ?’ Je réponds ‘OUI !’. ‘Mais comment pouvez-vous le croire ?’ J’explique : ‘c’est parce que l’on me l’a dit et je fais confiance à ceux qui me l’ont dit’.

Ce n’est pas un acte de foi dans un processus que je pourrais observer, c’est d’abord un acte de confiance en ceux qui ont vécu une expérience exceptionnelle autour d’un événement exceptionnel, unique dans l’histoire de l’humanité et nous mettons notre confiance. Cela donne sens. Le matin de Pâques illumine l’histoire de l’humanité, c’est ma conviction.

Quand on est chrétien, baptisé, est-il permis de douter de la résurrection ?

Nous sommes des chercheurs, nous cherchons aussi, à tâtons, la présence du Christ ressuscité. Les plus grands saints ont vécu la nuit. Mère Teresa dit qu’elle a eu une expérience mystique à l’âge de 27 ans et qu’après cela elle est entrée dans les ténèbres, qu’elle a vécu toute sa vie dans l’obscurité. Saint Jean de la Croix parle de la « Nuit obscure, des sens et de la nuit de l’esprit ». Il reste toujours la possibilité de l’acte de foi : dans les ténèbres il reste la possibilité de dire « je crois, je mets toute ma confiance en ce Jésus, vivant en moi, dans l’humanité, remplissant l’univers de sa présence ». Jean-claude Guillebaud, qui s’est remis à croire dans ce mystère de la résurrection, dit « c’est comme une explosion nucléaire, une énergie d’amour qui s’est répandue et que l’on appelle l’Esprit Saint et l’Esprit de Christ ».

On entend souvent dire : « les chrétiens, tout comme les disciples, les amis de Jésus, doivent annoncer la Bonne Nouvelle de la Résurrection »… En quoi est-ce une Bonne Nouvelle ?

 La Foi des Chrétiens, c’est que l’amour est la force suprême. Nous mettons notre foi dans un Dieu qui est amour. Et parce qu’il est amour, il soulève l’humanité, en quelque sorte, il anime l’humanité. Nous devons, Chrétiens, donner ce témoignage de l’amour. « C’est à l’amour que l’on reconnaitra que vous êtes mes disciples » a dit Jésus. Nous sommes fondamentalement des hommes et des femmes qui mettons notre confiance dans l’Amour vrai, l’Amour qui est renonciation à soi. Le véritable amour est celui qui se donne. Donc nous devons apprendre à aimer comme Jésus. C’est un apprentissage, patient, laborieux, que seuls les grands saints ont réussi à vivre intensément.

On entend parfois plus parler de l’Église catholique quand elle s’exprime sur les sujets de société que pour cette transmission de la Bonne Nouvelle. L’Église catholique, les catholiques oublient-ils d’annoncer la Résurrection, Christophe Dufour ?

Je trouve que vraiment, lors des célébrations d’obsèques, nous n’avons qu’une chose à dire « Dieu veut la vie par-delà la mort ». Notre corps mourra, la vieillesse ou la maladie va prendre notre corps, mais la seule réalité qui ne mourra pas, c’est l’amour que nous avons eu pour les autres.

Et vous Christophe Dufour, archevêque d’Aix et Arles, concrètement, que dites-vous pour annoncer la résurrection de Jésus-Christ ?

 J’essaie de témoigner de mon acte de foi. Nous avons reconnu Dieu Amour en Jésus et nous avons cru. Et ensuite nous devons témoigner de l’Amour : « c’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on reconnaitra que vous êtes mes disciples ». Donner à voir le visage de Dieu Amour que nous contemplons dans le Christ.

Avez-vous changé votre manière de témoigner depuis que vous êtes évêque ?

Celui qui a changé le plus ma manière de témoigner, c’est sûrement le pape François. Il nous dit « allez à l’essentiel ». Et l’essentiel, c’est la rencontre de Jésus Vivant, la rencontre du Christ ressuscité. La joie de l’évangile est la joie qui remplit le cœur et la vie de ceux qui ont rencontré le christ. La foi des chrétiens, c’est une rencontre avec le Christ.

Et cette rencontre a inspiré une nouvelle dynamique dans votre diocèse…

« Devenons disciples-missionnaires, au sein de communautés aimants et fraternelles, témoins auprès de tous de la rencontre du Christ ressuscité ». Donc soyons des témoins de l’amour. Le Christ a dit « n’ayez pas peur, vous recevrez une force, l’esprit saint viendra sur vous, vous remplira de cet amour qui est le mien et vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre ». C’est pour moi une parole essentielle dans mon ministère d’évêque.

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