À l’occasion de la fête de Notre-Dame de Fatima, Monseigneur Christophe Dufour, archevêque du diocèse d’Aix et Arles, a célébré la messe auprès de la communauté catholique d’origine portugaise, aux Milles (13).

A l’occasion de cette fête de Notre Dame de Fatima, chers amis de la communauté portugaise de notre diocèse, je voudrais poser une question grave : Est-ce que le christianisme, peut disparaître en Europe ? Cette question a été posée à un américain de passage en France, auteur d’un livre intitulé « Comment être chrétien dans un monde qui ne l’est plus ? »

Le christianisme peut-il disparaître en France ? Au Portugal ? Oui, le christianisme peut disparaître. Mais non, nous ne laisserons pas disparaître le christianisme. Et nous demandons aujourd’hui à Notre Dame de Fatima de prier pour nous à cette intention.

Je poserai trois questions :

  • A quoi pensait Marie au pied de la croix ?
  • A quoi pensait Marie à Fatima le 13 mai 1917 ?
  • A quoi pense Marie aujourd’hui en ce 13 mai 2018 ?

L’évangile de la fête de ND de Fatima nous fait rejoindre Marie au pied de la croix. Elle pleure son fils agonisant. Son cœur de maman est crucifié, il saigne. « Un glaive te transpercera l’âme » avait prophétisait le vieux Siméon. A vue humaine, c’est l’échec de la mission du Christ. Le diable a gagné. Marie pourrait désespérer. Mais non ! Elle se souvient des paroles de Jésus : « Le Christ doit souffrir beaucoup, il doit mourir, mais il ressuscitera le troisième jour ». Elle se souvient de la parole de l’ange Gabriel : « Rien n’est impossible à Dieu ». Et elle croit. Mon fils, que tout cela se passe comme tu l’as dit. La mort sur la croix n’est pas le dernier mot. Puisqu’il l’a dit, il sera relevé de la mort. A quoi pense Marie au pied de la croix ? Oui, elle pleure, mais elle n’a pas perdu la foi. Elle croit en son fils Jésus, elle croit dans la puissance de l’amour de Dieu qui ressuscitera Jésus d’entre les morts.

A quoi pense Marie à Fatima le 13 mai 1917 ? Le Portugal s’apprêtait à entrer en guerre. Toutes les familles tremblaient de peur. La guerre avait déjà fait des millions de morts, toute la jeunesse de France avait été décimée. Marie pleurait la bêtise des hommes. Marie pleurait la souffrance des familles. Dans les yeux de Notre Dame de Fatima, saint François et sainte Jacinthe de Fatima ont vu les larmes dans les yeux de Marie, ils ont vu la couronne d’épines dans son cœur immaculé. Ils ont vu une maman pleurer ses fils. Et ils ont cherché à consoler Marie. Et que leur a dit Marie ? « Priez, priez, priez, offrez votre vie pour la conversion des pécheurs ».

A quoi pense Marie aujourd’hui, en ce 13 mai 2018 ? Elle pleure encore. Ils ont oublié mon fils. Marie voit les catholiques de France, les catholiques de Provence, et elle pleure parce qu’ils vivent sans Dieu, parce qu’elle voit mourir la foi chrétienne. Elle pleure parce que de graves menaces pèsent sur notre monde, de graves injustices creusent le fossé entre les riches et les pauvres, l’égoïsme des uns fait le malheur des autres.

Frères et sœurs, vous n’avez pas oublié Marie, vous êtes venus la fêter, l’honorer et la prier. Bravo ! Ecoutez-la. Ecoutez Notre Dame de Fatima vous dire ce qu’elle disait à Francesco, Jacintha et Lucia : « Voulez-vous vous offrir à Dieu… en acte de réparation pour les péchés… et… pour la conversion des pécheurs… Récitez le chapelet tous les jours afin d’obtenir la paix pour le monde et la fin de la guerre. Sacrifiez-vous pour les pécheurs ».

Chers amis, ravivons la ferveur de notre prière, de notre foi chrétienne et de notre amour pour le Christ. Ravivons en nous le désir que le nom de Jésus soit connu et aimé. Nous ne pouvons pas laisser mourir le christianisme. Nous avons la responsabilité de témoigner du Christ. C’est une mission impossible. Mais Marie nous rappelle les dernières paroles du Christ : « Vous recevrez une force, l’Esprit saint viendra sur vous, vous serez mes témoins jusqu’aux extrémités de la terre ». C’est ma prière avec vous aujourd’hui, frères et sœurs, ma prière à Notre Dame de Fatima : « Prie pour nous Marie, pour que nous n’ayons pas peur de témoigner de notre foi chrétienne, de notre amour pour le Christ ». AMEN.

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