Accompagner les futurs mariés : le témoignage au cœur de la démarche

26 personnes chargées de l’accompagnement des futurs mariés se sont retrouvées à Grans le 30 juin 2018 pour une journée de formation consacrée au renouveau de l’accompagnement.

Ne dîtes plus « préparation au mariage » mais « accompagnement des futurs mariés ». Le changement n’est pas seulement sémantique, mais il concerne essentiellement la manière de préparer au mariage. Cette question a mobilisé 24 laïcs et deux prêtres en charge de l’accompagnement des futurs mariés dans le diocèse d’Aix et Arles. « Le mariage n’est plus évident, la pratique de la foi n’est plus la même depuis 50 ans ». De ce constat dressé par Catherine d’Illiers, responsable de la Pastorale de la famille au diocèse d’Aix et Arles, le changement s’impose pour répondre aux besoins et aux questions des personnes qui se préparent actuellement au mariage.

Les fiancés n’ont plus les mêmes attentes

Les fiancés qui demandent le sacrement du mariage ne sont pas tous des catholiques pratiquants. Sur les 55 900 mariages célébrés par l’Église catholique en France en 2015, 9000 sont des mariages mixtes : l’un des deux conjoints n’est pas baptisé. Parce que la pratique religieuse a baissé, les attentes ont évolué.

« Les futurs mariés ont souvent peur d’être jugés à cause de leur situation de couple, ils craignent de recevoir une leçon de morale, ou que le sacrement du mariage leur soit refusé » témoigne Catherine d‘Illiers, « on commence par les rassurer, leur dire que l’on veut les aider à faire durer leur mariage ». Cela passe par un accueil bienveillant, une écoute. Cette attitude permet de créer des liens forts, des liens fraternels, afin que les futurs mariés se sentent soutenus dans leur démarche, qu’ils n’hésitent pas à solliciter de l’aide, même des années après la cérémonie du mariage. Dans certaines paroisses du diocèse d’Aix et Arles, les fiancés sont intégrés dans des petites équipes, des petites fraternités.

« On ne prépare plus seulement au sacrement du mariage, à la cérémonie » explique la responsable de la pastorale de la famille, « mais il nous faut accompagner sur un chemin de foi, sur la découverte de Jésus-Christ, qui aime et sauve tout homme et toute femme, et accompagne les couples dans leur vie ». La formation aux quatre piliers du mariage est-elle pour autant évincée de l’accompagnement des futurs mariés ? « La liberté, la fidélité, l’indissolubilité et la fécondité du mariage sont toujours transmis aux fiancés mais de manière différente : ils découvrent que ces quatre dimensions du mariage proviennent de la vie même de Jésus-Christ. Par exemple, en quoi la fidélité de Dieu peut-elle aider à être fidèle dans son couple ? ».

 Changement sur la forme : témoigner.

Plutôt qu’un enseignement théorique, les accompagnateurs des futurs mariés sont invités à témoigner, à se livrer. « Ils peuvent expliquer comment Jésus agit dans leur vie, leur vie de couple, comme il aide à la fidélité, au pardon ». Cette démarche de témoignage implique toujours plus les accompagnateurs dans la démarche de disciple-missionnaire, encouragée par le pape François dans La Joie de l’Evangile.

Par les témoignages, les fiancés sont invités à « laisser Dieu monter dans leur pirogue. Il vogue avec eux, il les accompagne tous les jours de leur vie maritale, ils peuvent le solliciter dans la tourmente » décrit Catherine d’Illiers. Les jeunes couples semblent réceptifs à cette nouvelle forme d’accompagnement : « ils prennent conscience qu’ils ne sont pas seuls, ils comprennent que la force de l’Esprit Saint peut les aider s’ils l’invoquent ». Une démarche qui répond à l’injonction de l’évêque du diocèse, Mgr Christophe Dufour « Ne laissez pas l’Esprit saint au chômage ».

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