Mgr Dufour : « La fête de Noël nous rappelle notre fragilité et notre grandeur »

Message de Mgr Christophe Dufour pour la fête de Noël

Voici Noël. Avec les santons de la crèche, nous voici invités à nous émerveiller devant un enfant. Un enfant ! N’est-ce pas étonnant ! A l’heure de l’intelligence artificielle qui mettra bientôt un robot au volant de nos voitures, à l’heure où les nouvelles technologies nous fascinent et envahissent notre quotidien, nous nous émerveillons devant un enfant. La beauté, la simplicité, la pureté, la joie, la vie…!

Mais allons plus loin. Cet enfant est le Sauveur. Oui, le Sauveur de l’humanité. Il vient de Dieu pour libérer et sauver l’humanité de son mal. Avons-nous besoin d’un Sauveur ? L’homme n’est-il pas capable de se sauver lui-même ? Regardons ici les leçons de l’histoire : à chaque fois que l’homme a prétendu trouver le salut par lui-même, il a fabriqué de nouvelles aliénations, bien pires encore.

Lorsque, en Union soviétique, l’homme a prétendu sauver l’homme par le communisme, il a engendré des aliénations dont Alexandre Soljenitsyne a si bien montré l’horreur dans L’archipel du Goulag.

Lorsque, au lendemain de la crise du capitalisme en 1929, un prétendu sauveur a voulu purifier et sauver la race humaine, il a commis les pires crimes jamais vus à la surface de la terre.

Lorsque, aujourd’hui, un savant chinois affirme avoir mis au monde deux bébés génétiquement modifiés, n’est-il pas en train de soumettre l’homme à toutes les manipulations des puissants et des marchands de ce monde ?

En mettant devant nos yeux un enfant, la fête de Noël nous rappelle à la fois notre fragilité et notre grandeur. L’être humain est fragile, marqué par le mal originel, blessé par le péché dont il ne peut se libérer par lui-même. Mais l’être humain est grand, capable d’entrer en relation avec Dieu. L’être humain trouve sa grandeur en répondant à l’Alliance d’amour dont Dieu a pris l’initiative. « Ah ! Si tu déchirais les cieux ! » suppliait le prophète Isaïe plus de cinq siècles avant Jésus-Christ. Il savait que jamais l’homme ne saurait établir sur la terre la paix fondée sur la justice. Et le prophète entendit la promesse de Dieu : « J’habiterai au milieu de vous ».

L’enfant de la crèche reçoit le nom de Jésus, qui signifie « Dieu sauve ». Il est l’Emmanuel, « Dieu-avec-nous », annoncé par les prophètes. Il est le « Prince de la paix ». Conçu du Saint Esprit, il est infiniment rempli de Dieu. Il est l’homme accompli, l’homme ayant atteint sa plénitude, l’homme dans sa perfection, et cet homme ne peut être que l’œuvre de Dieu lui-même, dans une nouvelle création. L’enfant de la crèche est le baiser de Dieu qui embrasse en lui toute l’humanité et l’aime infiniment. Avec les santons de la crèche, nous nous prosternons devant lui. Il est notre Sauveur. Venez, adorons-le.

Je vous souhaite de réveiller l’enfant qui dort en vous, de vous laisser aimer et de goûter en surabondance la joie de la Nativité. Joyeux Noël !

+ Christophe DUFOUR

Archevêque d’Aix-en-Provence et Arles

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