Roch : « l’accompagnement spirituel vers le baptême m’a ramené à la vie »

Le 26 janvier 2019, les catéchumènes du diocèse et leurs accompagnateurs se retrouveront à Aix-en-Provence. Les accompagnateurs bénéficieront d’une petite formation. Quelle est l’importance de l’accompagnement spirituel dans la vie d’un catéchumène ? Roch Lusinchi, 34 ans, baptisé en 2016, raconte son expérience de l’accompagnement spirituel.

Comment l’accompagnement spirituel s’est-il traduit concrètement ?

Mon accompagnement spirituel a été double. Il y avait, d’une part, le parcours de catéchumène et, d’autre part, les rencontres de l’aumônerie des professions judiciaires.

Avec l’aumônerie, nous faisions une lectio divina de l’Évangile selon Saint Marc suivie d’échanges animés par le P. Luc-Marie Lalanne.

Les rencontres de préparation au baptême s’articulaient autour d’un parcours de lectures bibliques et d’échange avec le P. Luc-Marie Lalanne. À peu près toutes les trois semaines.

Après mon baptême, j’ai poursuivi des rencontres articulées autour de l’Introduction A La Vie Dévote de Saint François de Sales avec le Père Luc-Marie qui a accepté de devenir mon parrain.

Que vous a apporté l’accompagnement spirituel ?

Outre me faire découvrir l’Église Catholique – dans son sens de communauté de croyants – et de me réconcilier avec (j’ai eu à connaître de très mauvaises expériences par le passé avec un premier parcours catéchuménal catastrophique ainsi que des  contre-témoignages), l’accompagnement spirituel m’a appris à lire la Parole et à me laisser lire par elle… J’ai véritablement appris à tisser une relation vivante avec la Bible. Mais aussi avec les sacrements et avec l’ensemble des croyants. L’accompagnement spirituel m’a amené à la vie.

Que retenez-vous de positif ?

C’est la relation vivante au Christ que j’ai pu développer que je retiens. « Tu es devenu enfant de Dieu et frère de Jésus » a un sens pour moi. Je sais – parce que j’ai pu le ressentir vivement – que lorsque je prie, Dieu m’écoute.

Êtes-vous toujours accompagné ? Si oui, par un laïc ou un religieux ?

Oui, mon parrain – qui est prêtre – m’accompagne toujours. C’est vers lui que je me tourne lorsque cela est nécessaire. Son appel pour Rome me conduit à trouver un autre confesseur, mais je garde précieusement le lien que j’ai pu développer avec mon parrain. Ma marraine est également d’un très grand secours et d’un très grand soutien.

Êtes-vous désormais un accompagnateur spirituel ? Pourquoi ?

Une personne m’a demandé d’être son accompagnateur au baptême et son parrain. Je suis également l’heureux parrain de deux petits enfants, j’attends avec impatience d’être confronté à leurs questions quand ils en auront. Là, ils sont vraiment encore tout petits.

Quel est selon vous le fondement d’un bon accompagnement spirituel ?

La prière, l’écoute et le partage. La prière est, à mon sens, la basse continue, la respiration, d’une relation. Même si la prière est très difficile à caser dans une journée.

L’écoute est primordiale aussi parce que ça n’implique pas d’apporter une réponse mais de se pencher à deux sur une question ou sur une problématique et, de fait, de partager ensemble la réponse et ses échos dans les cœurs.

Quelle définition en donneriez-vous ?

Je vais donner un petit exemple. Au cours d’un pèlerinage, nous étions tout un groupe à devoir franchir un petit moment d’escalade. Sac au dos. Les plus dégourdis et ceux qui connaissaient déjà la route aidaient et conseillaient ceux qui avaient plus de difficulté à monter (dont moi). Chacun a monté l’obstacle, personne n’est resté derrière, personne n’a été porté. À mon sens, cela illustre parfaitement l’accompagnement : il n’est pas question de faire la route à la place de celui qu’on accompagne. Mais il n’est pas question non plus de le laisser se décourager au pied d’un obstacle.