Visiteur de malades : l’écoute dans la joie et la prière

Le dimanche 10 février sera consacré au monde de la Santé. Cette journée se vit en paroisse et met notamment à l’honneur les visiteurs de malades, qui sont généralement reliés à une église sous le nom « Service Evangélique des Malades ». Leur rôle, porté par la prière, se traduit par l’écoute des personnes visitées.

Aide-soignant de substitut, aumônier ? On a parfois du mal à situer le rôle des visiteurs de malades et de personnes isolées, intégrés dans le réseau du « Service Évangélique des Malades ». Bénévoles, ils assurent généralement le lien entre une église et ses paroissiens malades ou isolés, résidant à leur domicile, en établissement spécialisé ou en maison de retraite. Mais leur mission les mène aussi à rencontrer des personnes incroyantes, ou d’autres religions. Leur rôle réside essentiellement dans l’écoute.

Brigitte Esparsa

L’écoute, ce mot revient sans cesse dans la bouche de Brigitte Esparsa, visiteur bénévole au centre de Soins Palliatifs Saint-Thomas de Villeneuve à Aix-en-Provence. « Les membres du personnel soignant n’ont pas toujours le temps d’écouter les états d’âme des malades qu’ils côtoient tous les jours. Les visiteurs bénévoles viennent donc écouter les malades ou les personnes isolées » explique cette ancienne infirmière de 52 ans. Si les situations diffèrent en fonction des lieux où œuvrent les visiteurs bénévoles, tous reconnaissent que leur propre parole occupe une place bien minime dans le temps imparti. « On me confie les difficultés, le sentiment de révolte qu’éprouvent certaines personnes à être placées par leurs familles dans des maisons de retraite ou des établissements spécialisées. Parfois, de manière plus légère, nous parlons de tout et de rien » poursuit Brigitte.

Des visites pour tous, pas seulement les croyants

Bien que la plupart des bénévoles du SEM est animée par la dimension chrétienne et par la prière, ils ne réservent pas leurs visites aux seuls croyants. « On distingue trois types de visites », analyse Geneviève Rep, ancienne responsable diocésaine et désormais formatrice pour les bénévoles du SEM, « les personnes que l’on ne connait pas donc on ne sait pas si on pourra parler de Dieu. On vient juste écouter et rencontrer. Parfois, on repère un signe chrétien dans la pièce, alors on propose de prier pour la personne visitée. Enfin, si on connaît bien le malade ou la personne isolée, on en arrive souvent à parler de la mort, du sens de la vie, de Dieu. On est parfois chargé de leur porter la communion par le curé de la paroisse ».

La joie

De ces visites pendant lesquelles les confidences sont parfois lourdes à porter, les bénévoles en retirent beaucoup de joie, « parce qu’on a l’impression de servir à quelque chose, d’entretenir le lien avec l’extérieur », selon Genevière Rep. Brigitte renchérit : « on a le sentiment d’apporter de la fraîcheur. Mais ce qui m’apporte le plus de joie, c’est le sourire ou le regard de reconnaissance furtif d’une personne visitée, surtout quand celle-ci ne peut pas parler. On est juste présent, cela donne de la joie et nous rend heureux ».

Une visite est portée par la prière

Avant de rendre visite à quelqu’un, Brigitte Esparsa et son bénévole binôme, Françoise, prient ensemble pour confier à Dieu ce qu’elles vont entendre, les personnes qu’elles vont rencontrer. Elles font de même à l’issue de leur journée de rencontres. « La prière habite aussi la visite même, puisque pendant que l’une écoute, l’autre prie. Ce n’est pas nous qui venons visiter le malade, c’est Dieu lui-même. J’aimerais qu’ils ressentent dans mon regard celui de Dieu, que Dieu les prend par la main dans leur souffrance ». La force de la prière renforce le lien entre les visiteurs du SEM, qui ont le sentiment de devenir frères et sœurs par leur mission au nom du Christ.

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