Denier 2019 : des poches de sang pour le poste de secours !

La campagne annuelle du Denier dans notre diocèse a été lancée le 9 mars. Principale ressource de l’Eglise qui ne vit que de dons, le Denier va mobiliser les paroisses jusqu’au sprint final de décembre – 31 compris. Néanmoins, on sait déjà que cette collecte ne suffira pas à combler le déficit prévisionnel du diocèse : un million d’euros. Une mobilisation générale est indispensable.

La comparaison avait marqué les esprits : l’Eglise est comme « un hôpital de campagne après une bataille ». Cette image, on la doit au pape François au début de son pontificat. Si l’Eglise est effectivement cet hôpital, notre diocèse d’Aix et Arles est un poste de secours avancé. Et il a un besoin urgent de poches de sang pour assurer sa mission et soigner les blessés. En effet, à l’occasion du lancement de la campagne annuelle du Denier le 9 mars dernier, l’économe diocésain, Daniel Favreau, a annoncé une nouvelle préoccupante : le budget prévisionnel (hors paroisses) pour 2019 est déficitaire d’un million d’euros. L’exercice 2018, lui, avait été bénéficiaire de 285 000 €.

Sans legs, un budget difficile à équilibrer

En dévoilant ce diagnostic, Daniel Favreau s’est voulu néanmoins rassurant sur un point. Il a tenu à souligner que les charges sont « maîtrisées » et continueront de l’être. Ainsi, depuis 2017, une diminution de 640 000 € a été réalisée, pour un montant global des charges de 7 millions d’euros. Mais alors, d’où vient le très net déséquilibre budgétaire ? L’explication est simple : l’effondrement des recettes, spécialement les « libéralités ». Par définition, « ces ressources exceptionnelles sont très aléatoires », explique Daniel Favreau. Malheureusement, l’économat diocésain sait déjà qu’il ne pourra pas compter sur un legs ou une donation en 2019. Une baisse du Denier et des dons au titre de l’IFI est également envisagée : respectivement de 100 000 € et 50 000 €.

Moins de donateurs dans un contexte compliqué

Chez le médecin, une mauvaise nouvelle en cache parfois une autre. C’est le cas pour le diocèse. La chute régulière du nombre de donateurs au Denier s’est confirmée en 2018. Durant la campagne annuelle, 1881 contributeurs au Denier de 2017 n’ont pas renouvelé leur don. En contrepartie, seuls 977 nouveaux donateurs ont été enregistrés. Soit un différentiel de 904. En 2017, celui-ci n’était que de 162.

Pourquoi ce phénomène ? La première raison est structurelle et permet de comprendre la baisse constatée depuis au moins une décennie : c’est l’âge moyen des donateurs, très élevé. Les plus jeunes générations, moins concernées par le Denier et moins proches de l’Eglise, ne suffisent pas à combler les rangs des disparus. Le net décrochage observé en 2018 a aussi des causes plus conjoncturelles : l’augmentation de la CSG, la mise en place du prélèvement à la source ou encore la crise des « Gilets jaunes ». Le remplacement de l’ISF par l’IFI a eu également des conséquences sur la participation. Dernière raison et non des moindres : le contexte ecclésial, marqué par les scandales et révélations des derniers mois.

Une plus grande générosité

Un motif de soulagement apparaît tout de même : le don moyen augmente. Il a été de 248 € dans le diocèse en 2018. Une plus grande générosité permet ainsi de compenser la chute du nombre de donateurs. En conséquence, le montant global de la collecte 2018 du Denier est de 2 535 283 €, soit une hausse de 0,07 %. La collecte IFI connaît, elle, une baisse de 18 % (40 dons pour un montant global de 55 340 € contre 57 dons pour 67 526 € en 2017).

Pour trouver de nouvelles recettes, faire connaître Jésus sans relâche

Un hôpital de campagne ne craint pas d’envoyer ses secouristes à la recherche des blessés sur le terrain. Dans cet esprit de « sortie » cher au pape François, c’est une recherche active de nouveaux donateurs qui permettra, à l’avenir, de maintenir le niveau de la collecte du Denier. Durant la journée de lancement, Mgr Dufour a demandé qu’on parle davantage du Denier à deux publics particuliers, « les parents d’enfants catéchisés et les nouveaux chrétiens ». Notre archevêque a profité de l’événement pour annoncer que « deux nouvelles communautés de prêtres seront accueillies dans le diocèse en 2020 et 2022 ». Ces effectifs supplémentaires sont une bonne nouvelle mais… auront un coût. Rappelons que le Denier permet d’assurer le traitement des prêtres, des religieuses missionnées en paroisses, et des laïcs salariés engagés dans la pastorale.

Pour accroître l’ensemble des recettes du diocèse, de nouvelles voies restent à explorer : la mise en place des quêtes dématérialisées en paroisses, le développement du mécénat, ou encore une sensibilisation plus systématique aux legs et donations. Comme l’a rappelé le 9 mars un prêtre du diocèse, « Dieu lui-même est don , le don est un acte d’amour inhérent à la vie chrétienne. Donner est une réponse à l’amour de Dieu et pour être pleinement vécu, le don doit être libre. ». La mission du diocèse, c’est donc de conduire sans relâche à la rencontre de Jésus ressuscité qui a versé son sang. Celui qui aura expérimenté cet amour via l’Eglise sera porté à participer à sa vie matérielle… en donnant aussi son sang. Mais juste une petite poche, pour le poste de secours avancé.

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