Ennéagramme : Connaissance de soi, rapprochement de Dieu

 

Vingt personnes ont suivi le 29 et 30 mars dernier à Aix une formation à l’Ennéagramme, organisée par les AFC du pays d’Aix. Cette méthode de développement personnel a notamment intéressé des Chrétiens, tel Pascal Ide. Selon Benjamine Leboucher, formatrice Ennéagramme de l’Institut Européen de Développement Humain, mieux se connaître permet de se rapprocher de Dieu.

Une figure étrange, un cercle, 9 numéros, 9 points, des flèches qui les relient… cette figure résume l’Ennéagramme, une méthode de développement personnel aux origines méconnues mais développée aux États-Unis depuis le XXè siècle. Cet outil de connaissance de soi a déterminé 9 types de personnalités et en décrit les motivations profondes : « plusieurs personnes peuvent être rigoureuses, mais pour des raisons ou des motivations différentes » explique Benjamine Leboucher, formatrice Ennéagramme à l’Institut Européen de Développement Humain. La déontologie de la méthode interdit aux utilisateurs de déterminer le profil auquel se rattache une autre personne. Il s’agit donc bien de développement personnel, puisqu’il revient à chacun de se reconnaître dans ses motivations profondes et de choisir le profil auquel il appartient. Loin de s’enfermer dans une case, la vocation de cet outil est de mieux se comprendre, mieux connaitre les dons ou les défauts pour mieux développer ces dons, s’ouvrir aux autres possibles pour sortir de la case. L’Ennéagramme considère que chaque être a reçu un talent particulier ou une sensibilité particulière. Malheureusement, ce don peut devenir un travers quand la personne s’enferme dans un comportement réactif. En en prenant conscience, on s’en libère. « Par exemple, certaines personnes ont le sens de la générosité. Parfois cette qualité est ajustée aux besoins des autres mais à d’autres moments, cette générosité, cette aide que l’on veut apporter aux autres, est perçue comme un envahissement, elle ne correspond plus aux besoins d’autrui » décrit encore Benjamine Leboucher.

Acceptation de soi, miséricorde pour les autres

En comprenant, en acceptant les travers, puis en cherchant à s’en libérer, chaque personne apprend à s’aimer, à se regarder avec bienveillance. Sans tomber dans l’autojustification « j’agis ainsi parce que je suis ainsi et c’est très bien comme cela », le développement personnel ou moyen de l’Ennéagramme apprend la bienveillance vis-à-vis de soi. « Si je connais mes travers, je suis plus miséricordieux avec moi-même. De plus, on reproche souvent aux autres des défauts que l’on n’accepte pas chez soi. Donc accepter ses propres travers permet d’accepter ceux des autres » analyse Benjamine Leboucher. Cette démarche rappelle le regard d’amour et de miséricorde que Jésus-Christ pote sur chaque  personne humaine.

« La sainteté c’est la rencontre de ta faiblesse avec la force de la grâce » Pape François

Rechercher la liberté pour se rapprocher de Dieu

La liberté à laquelle l’outil tend a interpelé les Chrétiens, tels que Pascal Ide, ou Norbert Mallet. Ils ont tâché d’utiliser la méthode pour grandir dans la vie spirituelle. « On entend souvent les gens dire qu’ils commettent toujours les mêmes péchés » a constaté la formatrice de 49 ans. « Avec l’Ennéagramme, en prenant conscience de cette tentation et en comprenant d’où elle vient, on peut la combattre pour en sortir, pour agir plus librement et différemment ». Or Dieu veut libérer le croyant du péché, du travers, cette coupure entre eux deux. Dans la mesure où « seul Dieu sauve » – et non l’Ennéagramme – mais aussi que « la grâce prend appui sur la nature », plus on a conscience des travers personnels, plus cela facilite le travail de la Grâce. « Travailler avec l’Ennéagramme consiste à s’entraîner à la vertu, donc à répéter quotidiennement un acte qui demande un effort. Et Dieu nous sauve à travers cela ». L’Ennéagramme, bien utilisé, permet donc de coopérer avec la Grâce.

Agenda