« Marie-Madeleine, la splendeur du pardon qui relève »

Le mardi de Pâques, l’évangile du jour raconte la rencontre entre Jésus-Christ ressuscité et Marie-Madeleine. Après cet épisode, il n’est plus fait mention de la sainte. La tradition provençale croit qu’elle a débarqué en Provence et qu’elle a terminé sa vie à la grotte de la Sainte-Baume. Quel est le message de ce témoin clef de la résurrection pour le diocèse ? Pour le père Michel Desplanches, vicaire général du diocèse, sainte Marie-Madeleine est le miroir de chacun de nous.

Marie-Madeleine, ou Marie, ou Marie de Magdala, apparait à 9 reprises dans les évangiles. Qu’apprend-on d’elle ?

Sainte Marie-Madeleine est un personnage protéiforme. La tradition occidentale croit en une seule et même personne, mais la tradition orientale distingue les trois. Les évangiles rapportent que Marie-Madeleine était une pécheresse, une prostituée. Jésus la délivre de « 7 démons », c’est dire combien elle était emprisonnée par la puissance du mal. Elle est une sorte de miroir de nos blessures et de nos faiblesses. Elle rejoint toute l’humanité blessée.

Qu’incarne-t-elle ?

Marie-Madeleine incarne le repentir. Elle était la pécheresse, la société ne voyait en elle que la tentatrice. Jésus, lui, considère tout son être. Le regard du Christ donne l’existence. Elle se repentit, et c’est le sens de ses larmes. Elle accepte ses fragilités, du coup, elle ressent d’autant plus fortement la miséricorde du Christ. Par ses larmes, elle se laisse aller dans la confiance. Elle connaît la sainteté du Christ, comme l’ombre connaît la lumière. Marie-Madeleine, c’est la splendeur du pardon qui relève.

Au point de devenir le premier témoin de la résurrection…

Elle ne se contente pas de pleurer, elle devient disciple, elle est présente au pied de la croix. Jésus ressuscité lui apparait en premier. Alors qu’on ne reconnaissait pas de place à la femme – hormis à la maison – dans la société juive, Jésus fait d’une ancienne prostituée – la catégorie la plus méprisable selon l’époque – son premier témoin. Elle va ensuite annoncer la nouvelle aux apôtres. De pécheresse, elle est devenue disciple, puis missionnaire. Elle devient « l’apôtre des apôtres ».

Que dit-elle aux croyants d’aujourd’hui ?

Elle rejoint chacun de nous dans nos blessures. En Provence, elle a vécu une vie de prière d’adoration, de prédication. Elle nous apprend aussi qu’on ne peut annoncer la Bonne Nouvelle de la résurrection sans être intimement lié au Christ. On ne peut transmettre que ce que l’on a contemplé. Tout missionnaire est d’abord un orant qui vit de la miséricorde. C’est pourquoi le pape François avait lancé l’année de la miséricorde. On ne peut parler de Jésus si on n’a pas fait l’expérience de la miséricorde, de l’émerveillement devant l’amour du Seigneur qui vient nous guérir de nos blessures. Parce que Marie-Madeleine a vécu cette miséricorde, elle a pu commencer une vie nouvelle et l’annoncer. J’invite donc chacun à se rendre en pèlerinage à la Sainte-Baume, pour faire cette expérience de la réconciliation qui renouvelle.

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