« Sauvés parce qu’aimés » : l’homélie de Noël de Mgr Dufour

« Être renouvelé dans la grâce de notre baptême » et « réveiller notre âme d’enfant comme les bergers » telles sont les deux invitations que nous livre dans son homélie de Noël Mgr Christophe Dufour pour vivre pleinement cette fête de la Nativité.

 

Frères et sœurs, nous sommes comme des enfants perdus. La plupart d’entre vous sont parents ou envisagent de l’être un jour. N’avez-vous jamais entendu les pleurs d’un enfant qui se réveille dans la nuit, pris d’une terrible angoisse. Il a perdu tous ses repères. Où sont ses parents ? Il ne les voit plus. Il se sent abandonné, seul dans la nuit noire. Il crie. Ses parents entendent son cri, ils s’approchent délicatement, ils allument la douce lumière, un petit baiser sur le front, et l’enfant se calme, il retrouve confiance.

Ne sommes-nous pas un peu comme cet enfant qui crie dans la nuit noire son angoisse et sa peur ? Je ne veux pas dramatiser, mais quand même. Ce virus devient un mauvais cauchemar. Depuis deux jours, j’entends un certain nombre de familles qui ont dû annuler la fête. Testés positif ou personnes contact, chacun se retrouve subitement seul pour Noël. Et je pourrais allonger un certain nombre de mauvaises nouvelles, ici ou là des bruits de guerre qui ne présagent rien de bon, mouvements de troupes cette semaine à Hong Kong, au Mali, en Ukraine…

Pourtant, en cette nuit de Noël, nous sommes aussi comme les bergers qui entendent la voix de l’ange : « N’ayez pas peur, je vous annonce une bonne nouvelle qui sera pour vous une grande joie » dit l’ange aux bergers. Quelle est cette bonne nouvelle ? « Un sauveur vous est né ». C’est un ange qui parle. La bonne nouvelle ne vient pas de la terre, elle vient du ciel et elle annonce un sauveur.

Dites-moi, frères et sœurs, si la nouvelle venait de la terre, est-ce que vous l’auriez cru ? Il y a eu tant de prétendus sauveurs qui n’ont jamais tenu leurs promesses. La nouvelle vient aujourd’hui de Dieu, et nous avons confiance. « Tu lui donneras le nom de Jésus » avait dit l’ange à Joseph, « Jésus » qui signifie « Dieu sauve ». « Tu lui donneras le nom de Jésus » avait dit l’ange Gabriel à Marie. Comme Marie et Joseph, comme les bergers, comme tant d’hommes et de femmes après eux, nous mettons notre foi en cette bonne nouvelle : Jésus est venu de Dieu, et il nous sauve. Dieu a vu notre misère et il a envoyé un sauveur. Telle est notre foi de chrétien.

Qui est donc Jésus ? En deux mots :

  • Il vient de Dieu.
  • Il est Dieu.
  • Jésus vient de Dieu

C’est une longue histoire, l’histoire d’une promesse, nous en avons le récit dans la Bible. Du haut du ciel, Dieu a vu la misère des humains, il a entendu leur cri. Et voici sa promesse, par la bouche des prophètes : « Je viendrai habiter au milieu de vous ». Le prophète lui donne un nom : « On l’appellera « Emmanuel », ce qui signifie « Dieu-avec-nous ». En Jésus, Dieu est venu demeurer parmi nous, comme il l’avait promis. Il est venu nous dire son amour pour nous. Telle est l’audace de notre foi chrétienne : Dieu s’est fait homme pour que nous vivions de sa vie, sa vie éternelle. Nous faisons confiance à la parole de Jésus qui nous dit qu’il venait de Dieu. Nous faisons confiance à la parole de ses apôtres qui ont mis leur foi en lui. La fête de Noël nous fait chaud au cœur et ravive en nous la foi.

  • Jésus est Dieu

Jésus est l’homme parfaitement ajusté à Dieu. La lettre aux hébreux écrit : « Le rayonnement de la gloire de Dieu, expression parfaite de son être ». Souvenons-nous, c’était le projet de Dieu, au commencement. Au commencement, quand Dieu créa. Au commencement… Aujourd’hui notre petite planète « terre » vit un évènement important : le télescope spatial James Webb va s’envoler de Kourou, le plus puissant jamais construit, un investissement colossal de plusieurs milliards d’euros ; il va explorer le commencement de l’Univers, à des millions d’années-lumière. Mais il ne trouvera pas le commencement, il ne trouvera pas l’origine. La Bible dit le commencement, elle dit l’origine, elle dit en qui s’origine chaque être humain sur la terre. L’origine est un acte de création. Ceci est écrit au premier chapitre de la Bible : « Au commencement Dieu créa ». Dieu a créé l’homme et la femme à sa ressemblance et à son image, c’est-à-dire capables d’aimer comme lui. Voilà ce qui était au commencement, à l’origine. Mais l’homme s’est détourné de Dieu et le malheur est arrivé. Ensuite Dieu n’a pas cessé de tendre la main à l’homme blessé, il l’a cherché, il a proposé de faire alliance avec lui dans son combat contre le mal. Mais souvent l’homme a refusé de prendre la main de Dieu. Alors Dieu est venu. Il est venu en Jésus. En Jésus nous contemplons l’homme parfaitement ajusté à Dieu. L’homme qui aime à la manière de Dieu, pleinement, infiniment. En Jésus, l’Esprit Saint de Dieu vient aimer en nous, aimer infiniment.

Frères et sœurs, en ce jour de Noël, contemplant le nouveau-né de Bethléem, nous apprenons à être des fils, des enfants de Dieu. Nous nous rappelons que par le baptême, nous sommes nés de l’amour du Père, rendus par grâce capables d’aimer comme Jésus. Devant la crèche, aux côtés de Marie et Joseph, demandons d’être renouvelés dans cette grâce de notre baptême. N’ayons pas peur de réveiller comme les bergers notre âme d’enfant. Confiance, nous sommes sauvés. Sauvés parce que aimés. Aimés infiniment. AMEN.

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