2 février – fête de la Vie consacrée
Qu’est ce que la vie consacrée ?
Bien qu’en fait et en droit tout chrétien soit « consacré » au Christ par son baptême, cette expression appliquée à la vie religieuse souligne le caractère public d’un engagement plus radical. On distingue traditionnellement les préceptes évangéliques qui s’imposent à tous chrétiens, et les conseils évangéliques qui invitent à s’identifier davantage au Christ. Le propre de la vie consacrée est de prendre pour base les conseils évangéliques.
Quelles sont les différentes formes de vie consacrée?
La vie consacrée désigne aujourd’hui toute personne ou tout groupe de personnes qui s’engagent au célibat à cause du Christ et de l’Evangile. Elle recouvre traditionnellement les formes de vie suivantes : la vie religieuse apostolique, monastique et missionnaire, les Instituts séculiers, les sociétés de vie apostolique, les ermites, l’Ordre des vierges consacrées et les veuves consacrées.
La vie religieuse apostolique, monastique et missionnaire : une manière particulière de vivre le baptême
Il s’agit, comme pour tout chrétien, de suivre le Christ en vivant l’Évangile mais
• avec d’autres que l’on n’a pas choisis (vie communautaire)
• pour toujours (vœux définitifs, « publics »)
• à la manière du fondateur ou de la fondatrice.
Il existe de très nombreux instituts religieux (congrégations, ordres, monastères, etc.). Chacun d’entre eux a été fondé par une ou plusieurs personnes qui ont été marquées par un visage particulier du Christ :
• le Christ qui se fait proche des exclus de toutes sortes,
• le Christ qui enseigne,
• le Christ qui guérit,
• le Christ qui prie son Père dans le silence et la solitude, etc.
Chaque institut a ainsi une « couleur » particulière, appelée charisme.
Les instituts séculiers
Les instituts séculiers sont des instituts de vie consacrée reconnus dans l’Église catholique depuis 1947. En France, 3000 personnes environ, hommes ou femmes, célibataires ou veufs, sont membres d’une trentaine d’instituts séculiers.
Ils vivent dans le monde, gardant leur profession, et ont pour mission d’y être présents, à la manière du sel ou du ferment, pour y faire progresser l’esprit de l’Evangile.
Ils s’engagent définitivement à ce genre de vie par des vœux après plusieurs années de formation.
Les sociétés de vie apostolique
Les prêtres, frères ou sœurs de ces « sociétés » ne sont pas religieux mais vivent en communauté. Ces sociétés se définissent d’abord par leur tâche apostolique, leur mission et non pas par le mode de vie.
Les vierges consacrées
Ce sont des femmes consacrées définitivement à Dieu dans le célibat et la chasteté, par l’évêque de leur diocèse. Elles se mettent au service de l’Eglise diocésaine, de manière individuelle sans rattachement à un groupe particulier.
Les ermites
Hommes et femmes (souvent des religieux ayant « fait leurs preuves ») insistent sur la séparation intérieure et extérieure du monde, pour mieux souligner que l’homme ne vit que pour Dieu.
Vie de silence et de solitude, de prière et de pénitence. Ils font profession publique des conseils évangéliques entre les mains de l’évêque.
Les veuves consacrées
Comme dès l’époque des apôtres, la consécration des veuves est à nouveau proposée aujourd’hui. Par le vœu de chasteté perpétuelle, ces personnes veuves se consacrent dans leur condition pour se donner à la prière et au service de l’Eglise.
De nouvelles formes de vie consacrée
« A ces formes anciennes s’ajoutent de nouvelles formes de vie consacrée, signes de la complémentarité des dons de l’Esprit Saint. Certaines sont des formes anciennes, nées de nouveaux élans spirituels et apostoliques, d’autres sont des expériences originales, à la recherche d’une identité propre dans l’Eglise, en attendant d’être officiellement reconnues… » Jean-Paul II, La vie consacrée, Cerf, 1996.
Les « associations de fidèles » et « communautés nouvelles »
Des chrétiens choisissent de se lier entre eux pour s’entraider dans leur vie spirituelle ou en vue d’un objectif commun, un peu à la manière des associations loi 1901.
Ces associations de fidèles et communautés nouvelles, d’une très grande variété, sont reconnues par l’Eglise. Leurs membres restent laïcs et le disent clairement : « Nous voulons vivre l’évangile en laïcs ». Cependant, certains d’entre eux peuvent se consacrer à Dieu par un engagement privé et deviennent des « laïcs consacrés »
Les laïcs associés aux instituts religieux ou aux monastères
Certains laïcs désirent partager l’idéal de vie chrétienne vécu par des instituts religieux. Ils leur demandent une forme de « rattachement ».
Cette manière de vivre, pour des laïcs, prend de l’ampleur depuis quelques années. On emploie aussi l’expression de « famille évangélique » qui rassemble des chrétiens de vocations diverses (laïcs, religieux…) se référant à une même spiritualité (franciscaine, dominicaine, ignatienne, etc.)
Pourquoi une journée de la vie consacrée ?
Initiative de Jean-Paul II en 1997, la journée de la vie consacrée a lieu chaque année le 2 février dans le but de mettre en lumière et de célébrer le rôle des personnes engagées dans la vie consacrée au sein de l’Église catholique.
Une journée placée en premier lieu sous le signe de l’action de grâce « parce qu’il est beau et juste de remercier le Seigneur pour le grand don de la vie consacrée, qui enrichit et réjouit l’Église par la multiplicité des charismes et le dévouement de tant de vies totalement données au Seigneur et aux frères ».
L’objectif de cette journée est aussi de mieux connaître et apprécier la vie consacrée. « En contemplant le don de la vie consacrée, l’Église contemple sa vocation la plus profonde, celle de n’appartenir qu’à son Seigneur, soulignait Jean-Paul II. La vie consacrée a pour mission prioritaire de garder vivante dans l’Église la forme historique de vie assumée par le Fils de Dieu quand il est venu sur cette terre ».
Cette journée est enfin une invitation pour toutes les personnes consacrées « à célébrer ensemble et solennellement les merveilles que le Seigneur a accomplies en elles. Pour cela elles sont conviées à réfléchir sur le don reçu, à découvrir, dans un regard de foi toujours plus pur, le rayonnement de la beauté divine diffusé par l’Esprit dans leur forme de vie, à prendre conscience de leur mission incomparable dans l’Église pour la vie du monde »