Diaconat permanent : 60 ans de la restauration

Pour commémorer les 60 ans de la restauration du Diaconat permanent, tous les Diacres Permanents de la Province ecclésiastique de Marseille se retrouvent le mercredi 1er mai toute la journée de 9h à 17h. Le rendez-vous est fixé dans notre diocèse d’Aix et Arles (Paroisse Saint Paul à Aix).

Dans notre diocèse, nous avons la grâce d’avoir 32 Diacres Permanents.

FOCUS SUR LE DIACONAT PERMANENT

« Je suis au milieu de vous comme celui qui sert »
Luc 22, 27

Comment devient-on diacre?
Des hommes connus pour leur sens du service et le souci de l’autre sont interpellés par l’Église. Après une formation de plusieurs années, ils sont ordonnés, pour « redonner au monde le goût du service ».

Quelle est la mission du diacre?
Dans son milieu de vie, le diacre est envoyé pour être signe du Christ serviteur
et de l’amour de Dieu pour tous les hommes. Il est particulièrement attentif à ceux qui se croient loin de l’Église.

Pourquoi le diacre est membre du Clergé et n’est pas simplement un laïc engagé?
Le diacre a reçu l’imposition des mains par l’évêque tel un ministre ordonné. Il a reçu un des trois degrés du sacrement de l’Ordre (l’épiscopat, le presbytérat et le diaconat). Il mène cependant la vie ordinaire des laïcs d’aujourd’hui. Il n’est ni un échelon hiérarchique entre les prêtres et les fidèles, ni un vicaire
à temps partiel, il a sa mission propre.

Les diacres sont-ils mariés?
L’Église ordonne des hommes mariés ou célibataires, généralement en activité professionnelle. C’est Le Concile Vatican II (Lumen Gentium,1964) qui a rétabli le diaconat comme un ordre permanent etqui a rendu possible l’ordination d’hommes mariés, en précisant qu’ils sont ordonnés, non en vue du sacerdoce, mais du service.

Le diacre doit-il abandonner son travail après son ordination?
Au contraire dans son milieu de travail, ses relations et ses engagements,
il est signe de l’Église parmi les hommes.

Quelle est la place de l’épouse?
Pour l’ordination de son époux, son accord est indispensable. Elle n’est pas nécessairement impliquée dans le ministère de son mari, mais rien de ce ministère ne lui est indifférent.

Quels sacrements le diacre peut-il célébrer ?
Le diacre est d’abord ministre de la Parole de Dieu, il peut proclamer l’Évangile durant la messe. Selon le curé ou l’autorité, les diacres ont la possibilité d’administrer solennellement le baptême, de distribuer l’Eucharistie, d’assister, au nom de l’Église, au mariage et de le bénir, de porter le viatique
aux mourants, de lire la Sainte Écriture, d’instruire et exhorter le peuple, de présider au culte et à la prière des fidèles, d’être ministres des sacramentaux, de présider aux rites funèbres et à la sépulture.

Les diacres sont-ils sous les ordres des prêtres ?
Le prêtre et le diacre sont des ministres ordonnés associés à un titre différent à la mission de l’évêque: ils sont comme « les deux mains du Père ». Dans la liturgie, comment le reconnaît-on ? Le diacre porte une dalmatique, une chasuble aux manches courtes et larges, ou bien une étole en diagonale.

(Extraits du livret que les 60 ans du Diaconat Permanent, Eglise catholique dans le diocèse d’Aix et Arles, service communication, mai 2024)

PLUS LARGEMENT

Le 21 novembre 2024 sera la date du 60ème anniversaire de la publication de la constitution dogmatique sur l’Église Lumen gentium (LG), le numéro 29 proposant le rétablissement du diaconat permanent :

LG 29 « Au degré inférieur de la hiérarchie, se trouvent les diacres auxquels on a imposé les mains « non pas en vue du sacerdoce, mais en vue du service ». La grâce sacramentelle, en effet, leur donne la force nécessaire pour servir le peuple de Dieu dans la ‘’diaconie’’ de la liturgie, de la parole et de la charité, en communion avec l’évêque et son presbyterium ». […]

LG 29 prévoyant également que : « le diaconat pourra, dans l’avenir, être rétabli en tant que degré propre et permanent de la hiérarchie » à l’initiative des groupements territoriaux d’évêques, et que « ce diaconat pourra être conféré à des hommes mûrs, même mariés, ainsi qu’à des jeunes gens aptes à cet office, mais pour lesquels la loi du célibat doit demeurer ferme ».

Pour la France, les évêques ont décidé en octobre 1966 et 1967, lors de l’Assemblée plénière de l’épiscopat, le rétablissement du diaconat permanent, ouvert aux hommes mariés, puis en novembre 1968 que « la restauration du diaconat permanent soit pleinement inséré dans l’effort missionnaire de l’Église de France ».

Aujourd’hui, 3300 diacres en France

Les 6 premiers diacres permanents ont été ordonnés au printemps 1970. Aujourd’hui, près de 3300 diacres servent l’Église en France (dont environ 120 outre-mer).

En 2023, 79 diacres permanents ont été ordonnés dans 34 diocèses ; ils étaient 94 en 2022, 91 en 2021, 72 en 2020. Sur les dix dernières années, la moyenne est de 90 ordinations par an.

Le diaconat permanent s’est développé de façon différenciée, voire contrastée, selon les diocèses. Il n’y a pas de modèle unique, mais des cultures diaconales diocésaines qui s’enracinent dans la très grande diversité des diocèses. Réelle « inculturation » diocésaine du diaconat, cette diversité est le signe d’une dynamique et d’un ministère encore en construction, qui cherche à s’adapter aux évolutions du monde et de l’Église, là où il se vit.

Les diacres sont des acteurs de lien et pourraient jouer un rôle encore plus important en termes de synodalité. Ils renouvellent l’attention portée par l’Église aux plus pauvres et aux plus fragiles, et invitent toute l’Église à être servante et missionnaire, comme en témoigne par exemple le rassemblement Diaconia 2013 et ses suites. Ils encouragent les évêques et les prêtres, diacres eux aussi, à renouveler cette dimension de leur appel.

Enfin, le diaconat permanent – dans sa singularité ministérielle mais aussi dans ses visages multiples – doit maintenant être envisagé en articulation forte avec l’évolution des ministères ordonnés et laïcs, dont les ministères institués, avec la participation large des baptisés pour une Église missionnaire, plus synodale et plus diaconale.

(source : Diaconat Aujourd’hui)