La formation spirituelle

Extrait du projet de formation du Séminaire Saint-Luc : 

La formation spirituelle est le fondement nécessaire qui vous aide à discerner que votre désir de devenir prêtre est bien l’initiative du Christ. Cette intime conviction d’un appel personnel, qui a besoin d’être authentifié par l’Église, grandira à la mesure de votre émerveillement devant le choix libre du Christ[1].

Comme l’écrivait le père Albert Chapelle (sj), il convient de « parler à Dieu avant de parler de Dieu ». Si votre désir est de devenir un ardent héraut de l’Évangile, encore faut-il que vous vous laissiez pétrir par la puissance de la Parole, dans le souffle de l’Esprit Saint. C’est la Parole de Dieu, l’Écriture dans sa Tradition[2], qui est le centre de la formation au Séminaire Saint-Luc[3], car seul celui qui se met à l’écoute de la Parole peut ensuite en devenir l’annonciateur[4].

On ne peut comprendre l’Écriture que si on la vit. La vie du Séminaire est fondée sur la réception quotidienne de la Parole, sur les partages réguliers, entre vous et avec vos formateurs, mais aussi par des pèlerinages et par deux retraites annuelles pour goûter la puissance de la Parole qui convertit les cœurs.

Le cœur de la vie du Séminaire Saint-Luc est la célébration de l’Eucharistie, dans le don des Écritures et du Verbe fait chair. Elle est le sommet et la source de votre vie de séminariste et de futur pasteur. C’est dans le don total et gratuit de vous-mêmes au Peuple de Dieu que vous êtes appelés à gravir le chemin de la perfection chrétienne[5]. Chérissez donc cette fréquentation quotidienne de l’Eucharistie comme Maurice Blondel aimait à la désirer : « j’aurai pour livre principal la sainte communion où je lirai, dans l’intimité du cœur, toute la science de l’homme et de Dieu ; et sans cesse je voudrai sentir votre contact et votre action »[6].

L’oraison quotidienne, début et fondement de votre journée, les offices préparés avec soin et chantés avec cœur, les lectures spirituelles, les sessions de spiritualité et les retraites sont autant de moyens que le Séminaire vous offre pour que vous deveniez de plus en plus dociles à l’appel divin et à la mission que vous assumez dans l’Esprit.

Les rencontres régulières avec votre accompagnateur spirituel et les confessions fréquentes sont incontournables pour qui veut participer à la mission du Christ Bon Pasteur, chargé de conduire les âmes vers son Père[7].

La Vierge Marie a une place remarquable dans la vie du prêtre. Elle est mère des prêtres et veille à attirer vers les serviteurs de son Fils les grâces dont ils ont besoin. C’est dans une belle attention filiale que la communauté du Séminaire prie l’Angelus, que les messes du samedi sont habituellement des messes votives à la Vierge Marie. Vous êtes aussi invités à réciter la prière du chapelet seul ou en groupe.

La liturgie du Séminaire est particulièrement soignée, que ce soit dans la qualité des offices ou dans les chants et la musique durant l’Eucharistie. Au-delà des sensibilités personnelles, ce sont les deux caractères forts de la liturgie romaine, célérité et sobriété, qui conduisent l’action liturgique du Séminaire Saint-Luc. Rappelez-vous aussi le lien fondamental entre la liturgie et la vie sacramentelle, dont Jean-Philippe Revel, l’un des refondateurs du Séminaire, s’est fait le chantre dans ses cours et dans ses ouvrages. En prenant soin de la liturgie aujourd’hui, c’est bien également votre future capacité de présider et d’animer messes et célébrations qui est l’enjeu de la vie liturgique au Séminaire.

[1] RN 198.

[2] Cf. Dei Verbum 2 « Pareille économie de la Révélation comprend des actions et des paroles intimement liées entre elles, de sorte que les œuvres, accomplies par Dieu dans l’histoire du salut, attestent et corroborent et la doctrine et le sens indiqués par les paroles, tandis que les paroles proclament les œuvres et éclairent le mystère qu’elles contiennent ».

[3] Cf. § 11.

[4] Cf. VD 51.

[5] RN 212. Cf. RFIS, n° 39-40.

[6] Carnets intimes, vol. I, Cerf, Paris, 1961, p. 158.

[7] « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle ? » (Lc 6, 39).

 

 

Extraits de Pastores Dabo Vobis  aux numéros 45 à 50 :

Cette formation humaine, si elle est développée dans le contexte d’une anthropologie qui admet l’entière vérité sur l’homme, s’ouvre et se complète dans la formation spirituelle.

Le contenu essentiel de la formation spirituelle dans un cheminement déterminé vers le sacerdoce est bien exprimé dans le décret conciliaire Optatam totius: «La formation spirituelle […] sera donnée de telle façon que les séminaristes soient préparés à vivre dans la communion continuelle et familière avec le Père, par son Fils Jésus Christ, dans l’Esprit Saint. Destinés à être conformés au Christ prêtre par la sainte ordination, ils s’habitueront à lui être attachés comme des amis dans l’intimité de toute leur vie. Qu’ils vivent son mystère pascal de façon à savoir initier à ce mystère le peuple qui leur sera confié. On leur apprendra à chercher le Christ dans une méditation fidèle de la Parole de Dieu, dans une communion active aux très saints mystères de l’Église, en premier lieu dans l’Eucharistie et l’office divin. Il le chercheront dans l’évêque qui les envoie et dans les hommes auxquels ils sont envoyés, surtout les pauvres, les petits, les malades, les pécheurs et les incroyants. Avec une confiance filiale, ils aimeront et honoreront la bienheureuse Vierge Marie, que le Christ Jésus mourant sur la croix donna comme mère à son disciple».

La lecture méditée et priante de la Parole de Dieu (lectio divina), en écoutant avec humilité et amour celui qui parle, est un élément essentiel de la formation spirituelle. C’est en effet dans la lumière et la force de la Parole de Dieu que chacun peut découvrir, comprendre, aimer et suivre sa vocation, et accomplir sa mission; de telle sorte que toute l’existence trouve sa signification plénière et radicale dans le fait d’être le terme de la Parole de Dieu qui appelle l’homme et le principe de la parole de l’homme qui répond à Dieu.

Le sommet de la prière chrétienne, c’est l’Eucharistie, qui se présente à son tour comme «sommet et source» des sacrements et de la liturgie des heures. L’éducation liturgique, au sens plénier d’une insertion vitale dans le mystère de Jésus Christ, mort et ressuscité, présent et opérant dans les sacrements de l’Église, est absolument nécessaire pour la formation spirituelle de tout chrétien et en particulier de tout prêtre.

Le célibat du prêtre, authentiquement vécu, favorisera l’accomplissement de son ministère auprès du peuple de Dieu. En particulier, en témoignant de la valeur évangélique de la virginité, le prêtre pourra aider les époux chrétiens à vivre en plénitude le «grand sacrement» de l’amour du Christ Époux pour son Épouse l’Église et, par sa fidélité dans le célibat, il sera une inspiration pour la fidélité des époux. »

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