Même en été, on peut prier et méditer ! #5

Durant les mois de juillet et août 2020, le diocèse d’Aix-en-Provence et Arles vous propose de vivre au rythme de la Parole de Dieu à travers neuf petites méditations pour chacun des dimanches de l’été. Elles ont été rédigées par neuf membres de notre famille diocésaine aux profils et aux « états de vie » différents. Aujourd’hui, la méditation nous est faite par le Père Marc Zamit, prêtre du foyer sacerdotal Saint-Marc à Aix-en-Provence.

 

L’Évangile du dimanche 2 août 2020 : Mt 14, 13-21

En ce temps-là, quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste, il se retira et partit en barque pour un endroit désert, à l’écart. Les foules l’apprirent et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied. En débarquant, il vit une grande foule de gens ; il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades. Le soir venu, les disciples s’approchèrent et lui dirent : « L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée. Renvoie donc la foule : qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Alors ils lui disent : « Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. » Jésus dit : « Apportez-les moi. » Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe, il prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction ; il rompit les pains, il les donna aux disciples, et les disciples les donnèrent à la foule. Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés. On ramassa les morceaux qui restaient : cela faisait douze paniers pleins. Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille, sans compter les femmes et les enfants.

 

Père Marc Zamit, prêtre du foyer sacerdotal Saint-Marc à Aix-en-Provence

« On donne ce que l’on n’a pas. »

Jésus entraîne ses disciples, en barque, dans un lieu désert, à l’écart. Mais il trouve en arrivant une foule qui les a précédés. Saisi de compassion il guérit les infirmes. Saint Marc nous dit qu’il les instruisit longuement. Le soir tombe, et les apôtres se demandent sans doute à quel moment ils pourront se retrouver dans l’intimité. S’approchant de Jésus, ils lui disent : « L’endroit est désert, il se fait tard, renvoie la foule, qu’ils aillent s’acheter à manger. » Mais Jésus répond : « ils n’ont pas besoin de s’en aller. Donnez-leur vous-mêmes à manger ». « Mais, lui disent-ils, nous n’avons que cinq pains et deux poissons » C’est une mission impossible, devant la disproportion entre les besoins et leurs capacités. « Apportez-les moi ici », dit Jésus. Puis ordonnant à la foule de s’asseoir il prend les cinq pains et les deux poissons, et levant les yeux, il prononce la bénédiction, rompt les pains, et les donne aux disciples qui les distribuent à la foule. Ces quelques pains qu’ils ont portés, passent maintenant par leurs propres mains. Ils avaient été tentés de renvoyer ces gens, de retrouver un peu de silence et de solitude. Jésus leur a demandé de porter leur indigence. Il en fait jaillir la surabondance. On en ramassa douze corbeilles avec les morceaux qui restaient. Une par apôtre. Ils viennent de faire l’expérience que ce qui peut construire leur unité – plutôt que de se retirer – c’est de vivre le don de soi, de la charité qui prend sa source dans la personne du Christ. Vous avez entendu ces paroles, reconnu ces gestes : « Il prit les pains, les bénit les rompit, les donna aux disciples qui les distribuèrent. » Ne sommes-nous pas déjà dans une dynamique eucharistique ? Or c‘est bien la veille de sa mort que le Christ laissa à ses disciples le mémorial de sa mort et de sa Résurrection, du don de soi jusqu’au bout. Il s’est fait pauvre pour nous enrichir de sa pauvreté. Pauvre jusqu’à se rendre présent dans ce modeste morceau de pain, signe de son dépouillement total. Il nous appelle à y participer en nous livrant nous-mêmes, en « faisant de nous une éternelle offrande à sa Gloire ». Parfois devant les détresses, les misères dont l’écho nous parvient, ne sommes-nous pas démunis ? Devant l’abîme de la pauvreté quelle disproportion avec nos capacités ! « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». Ces mots nous parviennent. Où puiser la force et l’amour pour y répondre ? Dans le Pain Eucharistique nous portons ce que nous sommes, ce que nous avons. Nous portons l’offrande de tout ce qui se vit dans nos cités, dans nos relations. Notre indigence et celle des autres. C’est de notre pauvreté que par la liturgie le Christ pétrit ce Pain de Vie, dans lequel il se livre en nourriture. Ce pain offert, passant dans les mains du prêtre et par les mots de la Consécration, nous est donné chargé de la présence réelle du Christ, source de la charité. Nous percevons bien alors que tout geste de charité prend sens en devenant matière de ce pain, mais aussi que toute célébration eucharistique nous engage à livrer notre vie ; nous envoie à une vie eucharistique, au don total de notre indigence. Un ami prêtre me disait souvent : « on donne ce que l’on n’a pas ». Alors qu’il passait ses journées à accueillir des pauvres, des malades, le frère Luc de Thibirine, avait copié sur un de ses missels ces mots de Léon Bloy : « Rappelant à Jésus notre dénuement extrême, je lui disais : Donnez-moi ce qu’il y a dans votre main. Alors, il a ouvert sa main et j’ai vu qu’elle était percée ».

Prière

C’est une nourriture d’anges que tu as donnée à ton peuple, et c’est un pain tout préparé du ciel. « Une nourriture adaptée à chacun, un pain capable de procurer toutes les délices et de satisfaire tous les goûts ; la substance que tu lui donnais manifestait la douceur envers tes enfants, et s’accommodant au goût de celui qui la prenait, elle se changeait en ce que chacun voulait ». (Sag 16/20-21).

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