Les rois mages nous apprennent à adorer

La marche des rois a eu lieu à Aix-en-Provence le dimanche 13 janvier 2019 à 16h. Elle s’était déjà tenue dans divers lieux du diocèse, comme à Simiane le dimanche 6 janvier. Cet événement populaire constitue une paraliturgie. Tel est l’avis du père Michel Desplanches, Vicaire général du diocèse d’Aix et Arles.

La marche des rois est-elle seulement un événement folklorique, où les enfants peuvent se costumer et côtoyer un dromadaire ?

La marche des rois est une paraliturgie. Elle est un expression populaire de la dimension liturgique. Cette marche des rois existe à Aix-en-Provence depuis le XVIIème siècle. Après les vêpres solennelles de la fête de l’Épiphanie, on partait pour cette marche. Elle était alors le prolongement de la prière, l’expression d’une catéchèse simple et incarnée, la contemplation d’un mystère sous un angle plus populaire.

Depuis une trentaine d’années, cette marche des rois est sortie du secteur de la cathédrale. Cela lui a donné une visibilité. Elle touche un public large. Comme autrefois, elle se poursuit par la célébration à la cathédrale durant laquelle on lit la « pastorale De Charbonnier ». Cette pastorale, comme toutes les autres, raconte la naissance de Jésus-Christ avec une dramaturgie propre.

À Aix, la marche des rois aboutit dans une église. Le programme semble reprendre ce qu’ont vécu les mages eux-mêmes. Quel est leur message aujourd’hui ?

Tout d’abord, les mages nous apprennent à adorer. Ils viennent contempler le mystère de l’Incarnation de Dieu, ils viennent contempler le Sauveur. À travers le visible, se dévoile l’invisible. On est invité à adopter la même attitude que celle des mages : étrangers à la tradition d’Israël, ils adorent Dieu, Verbe fait chair, ils le reconnaissent Sauveur de l’humanité tout entière. Dans les évangiles, ils ne prononcent aucune parole, comme saint Joseph. Or je constate que l’adoration est un moment, un espace, qui touche de nombreuses personnes, même éloignées de l’Église. L’adoration constitue une porte vers l’éternité, c’est un moment d’intimité avec Jésus-Christ.

Le deuxième message adressé par les mages, c’est la nécessité du déplacement. Ils mettent toute leur intelligence, leur science, leurs connaissances au service de la recherche. Cette recherche, qu’ils effectuent ensemble, les mène à quitter leur pays. La foi opère toujours un déplacement. On doit quitter nos habitudes, nos certitudes, notre sécurité pour nous laisser guider par Dieu. Et les mages ont fait la même chose ! Ils ont marché dans la nuit. Leur recherche était tellement impérieuse qu’ils ont fait fi de la fatigue et ont continué leur périple. Dans la nuit, ils se laissent guider par une étoile. Après avoir rencontré Jésus-Christ, ils rentrent par un autre chemin.

Les mages peuvent représenter les croyants, les chercheurs de Dieu. À quel élément l’Église catholique peut-elle s’identifier ?

L’Église catholique, c’est l’étoile ! L’Église (la communauté des croyants, NDLR] doit être discrète comme l’étoile, mais lumineuse, invitant à se déplacer, accompagnant ceux qui cherchent Dieu. L’Église doit favoriser la rencontre personnelle entre les chercheurs, les croyants et Dieu. Celle-ci transforme, guérit, purifie, éclaire l’intimité de notre être. Elle se manifeste toujours par de la joie : « À la vue de l’astre, ils se réjouirent d’une très grande joie » dit l’évangéliste Matthieu (Mt 2, 10) en parlant des mages lorqu’ils constatent que l’étoile s’arrête au-dessus  « de l’endroit où était l’enfant ».

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